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Politique

Éthiopie-Soudan : les expulsions de diplomates ravivent les tensions entre les deux voisins

H Hervé 4 min de lecture 623 lectures
Éthiopie-Soudan : les expulsions de diplomates ravivent les tensions entre les deux voisins

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Les relations entre Addis-Abeba et Khartoum connaissent une nouvelle dégradation. Les deux pays ont engagé des mesures réciproques contre leurs représentations consulaires, sur fond d'accusations de soutien à des groupes armés opérant sur leurs territoires respectifs. Une escalade diplomatique qui fait craindre un élargissement des tensions dans la Corne de l'Afrique.

La crise diplomatique entre l'Éthiopie et le Soudan prend une nouvelle dimension. Le mercredi 4 novembre 2026, les autorités éthiopiennes ont ordonné à six membres du personnel consulaire soudanais en poste à Assosa, dans l'ouest de l'Éthiopie, de quitter le territoire dans un délai de 48 heures. Le consulat soudanais de cette ville frontalière a également été fermé.

En réaction, Khartoum a décidé de fermer le consulat éthiopien de Gedaref, dans l'est du Soudan, et d'expulser les diplomates qui y étaient affectés. Selon des responsables soudanais cités par Reuters et l'Agence France-Presse (AFP), les représentants éthiopiens ont également été déclarés persona non grata et invités à quitter le pays sous 48 heures. Les deux gouvernements n'avaient toutefois pas encore publié de confirmation officielle détaillée de ces mesures réciproques.

Cette confrontation diplomatique trouve son origine dans des accusations de plus en plus graves. Khartoum reproche à Addis-Abeba de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire engagé dans une guerre contre l'armée soudanaise depuis avril 2023. Les autorités soudanaises accusent notamment l'Éthiopie d'autoriser l'utilisation de son territoire pour lancer des attaques de drones contre des installations civiles et des infrastructures stratégiques au Soudan.

Le gouvernement soudanais a porté ces accusations devant le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Dans un rapport présenté par ses autorités, Khartoum affirme avoir recensé 70 attaques menées depuis le territoire éthiopien au cours de l'année 2026. Il évoque également le lancement de 187 drones. Ces éléments restent des accusations soudanaises qui n'ont pas été indépendamment établies.

Des accusations rejetées de part et d'autre

Addis-Abeba rejette toute implication dans le conflit soudanais. Les autorités éthiopiennes formulent, de leur côté, des accusations contre Khartoum, qu'elles soupçonnent de soutenir des groupes rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dans le nord de l'Éthiopie. Le Soudan rejette également ces accusations.

Ces tensions interviennent alors que l'Éthiopie fait face à des difficultés sécuritaires dans sa région du Tigré. Les autorités éthiopiennes accusent aussi l'Égypte et l'Érythrée de soutenir les groupes rebelles. Les deux pays rejettent ces allégations.

La Corne de l'Afrique sous pression

Au-delà des relations bilatérales, cette crise suscite des inquiétudes sur la stabilité de la Corne de l'Afrique. Le Soudan est plongé depuis plus de trois ans dans une guerre qui a provoqué une catastrophe humanitaire. Selon les Nations unies, plus de 14 millions de personnes ont été déplacées par le conflit.

Une confrontation directe entre les deux pays pourrait donc ouvrir un nouveau front dans une région déjà marquée par plusieurs foyers de tensions. Amjad Farid, conseiller politique et diplomatique du Conseil de souveraineté de transition soudanais, a assuré que son pays entend défendre son territoire tout en déployant des efforts pour éviter une guerre ouverte avec l'Éthiopie.

Pour l'heure, les mesures prises contre les représentations consulaires traduisent une détérioration des relations entre les deux voisins. L'évolution des démarches engagées auprès des instances internationales et les éventuelles initiatives de médiation seront déterminantes pour éviter une aggravation de la crise.

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