ONU : le vote sur l’embargo américain contre Cuba ravive les tensions entre Washington et La Havane
L’Assemblée générale des Nations unies se prononce ce mercredi 28 octobre 2026 sur une résolution demandant la levée de l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba. Ce vote annuel intervient dans un contexte de tensions accrues entre Washington et La Havane, marqué par un durcissement des mesures américaines et des échanges particulièrement vifs entre leurs représentants à l’ONU.
Présentée pour la 34e année consécutive, la résolution vise à obtenir la fin des restrictions américaines contre l’île caribéenne. Lors du vote de 2025, le texte avait recueilli 165 voix favorables, contre sept oppositions et 12 abstentions. Le scrutin de cette année est suivi de près, alors que l’administration du président Donald Trump cherche à convaincre davantage de pays de ne pas soutenir le texte.
Les tensions se sont manifestées mardi au siège des Nations unies, lors d’un débat consacré à cette question. Le représentant américain, Mike Waltz, et le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, se sont vivement affrontés verbalement. Le diplomate américain a défendu la position de Washington, tandis que son homologue cubain a dénoncé les mesures américaines contre son pays. L’échange a brièvement interrompu les travaux de l’Assemblée générale.
Cette confrontation intervient après des accusations formulées par La Havane contre Washington. Le 21 octobre, Bruno Rodríguez avait affirmé que les autorités américaines exerçaient des pressions sur des États membres de l’ONU afin de modifier leur vote, évoquant notamment des menaces de restrictions de visas et de sanctions économiques. Le département d’État américain n’avait pas immédiatement répondu à ces accusations.
Au-delà du différend diplomatique, Cuba traverse une grave crise économique et énergétique. Les restrictions sur l’approvisionnement en pétrole, renforcées par les menaces américaines de droits de douane contre les pays qui fournissent du carburant à l’île, ont contribué à aggraver les pénuries et les coupures d’électricité. Washington attribue toutefois les difficultés cubaines à la gestion du gouvernement de l’île, une interprétation contestée par les autorités cubaines.
Même si la résolution de l’Assemblée générale n’a pas de caractère juridiquement contraignant, elle constitue un indicateur du soutien international à la levée de l’embargo. Seul le Congrès américain peut mettre fin à ce dispositif. Le résultat du scrutin permettra ainsi de mesurer l’évolution des positions diplomatiques sur ce dossier, au moment où les relations entre les deux pays connaissent un nouvel épisode de crispation.
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