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Politique

Côte d’Ivoire : les tensions entre le pouvoir et l’opposition persistent

H Hervé 5 min de lecture 674 lectures
Côte d’Ivoire : les tensions entre le pouvoir et l’opposition persistent

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Un an après la réélection d’Alassane Ouattara, les relations entre le pouvoir ivoirien et l’opposition restent tendues. Les procédures judiciaires visant plusieurs responsables de l’opposition et les désaccords sur la réforme du système électoral alimentent les tensions. Face à cette situation, plusieurs partis réclament l’ouverture d’un dialogue politique.

Le climat politique demeure marqué par les suites de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Alassane Ouattara avait été réélu avec 89 % des suffrages, selon les résultats officiels. Ses deux principaux adversaires potentiels, Laurent Gbagbo, du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), et Tidjane Thiam, du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), n’avaient pas pu prendre part au scrutin.

Depuis, les deux formations contestent plusieurs décisions politiques et judiciaires. En octobre 2026, de nouveaux responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI ont été convoqués, inculpés ou placés sous contrôle judiciaire dans le cadre d’enquêtes liées aux violences survenues pendant la période électorale de 2025. Leurs avocats dénoncent notamment la multiplication des poursuites et la similitude des chefs d’inculpation retenus contre plusieurs responsables. Les partis concernés parlent de pressions judiciaires.

Le gouvernement rejette ces accusations. Il affirme que les procédures en cours visent à établir les responsabilités dans les violences électorales et à lutter contre l’impunité. Les autorités rappellent que les incidents de la période électorale ont fait des victimes et que les faits concernés doivent être examinés par la justice.

L’opposition réclame un dialogue sur le système électoral

Au-delà des procédures judiciaires, la réforme du système électoral constitue un autre point de désaccord. La dissolution de l’ancienne Commission électorale indépendante, en mai 2026, a ouvert la voie à la mise en place d’un nouveau dispositif. L’opposition souhaite participer à sa conception et obtenir des garanties sur son indépendance.

Le 13 octobre, une quinzaine de partis d’opposition se sont réunis au siège du PDCI-RDA, à Abidjan. Ils ont annoncé avoir adressé un courrier au Premier ministre pour demander l’ouverture de discussions avec le gouvernement. Leur démarche vise à parvenir à un consensus sur la composition et le fonctionnement du futur organe électoral.

Les formations signataires réclament notamment une structure indépendante, une liste électorale fiable et régulièrement actualisée, ainsi qu’un audit indépendant du fichier électoral. Elles demandent également la publication détaillée des résultats par bureau de vote et un accord politique avant l’adoption définitive des textes encadrant le nouveau dispositif.

Pour ces partis, la réforme doit associer la majorité, l’opposition et la société civile. Ils estiment qu’un accord préalable est nécessaire pour limiter les contestations lors des prochaines échéances électorales. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo n’était toutefois pas représenté lors de la rencontre du 13 octobre.

Une opposition confrontée à plusieurs difficultés

Les tensions se déroulent dans un contexte où les principales formations d’opposition font face à des difficultés judiciaires et organisationnelles. Le PPA-CI est notamment confronté aux poursuites visant plusieurs de ses cadres, tandis que le PDCI-RDA doit composer avec l’absence prolongée de son président, Tidjane Thiam, qui se trouve hors du pays.

La représentation parlementaire de l’opposition a également reculé après les élections législatives. Le PDCI-RDA demeure représenté à l’Assemblée nationale, mais dispose de moins de députés que lors de la précédente législature. Le PPA-CI, qui avait boycotté le scrutin législatif, n’y dispose pas de représentants élus sous son étiquette. Cette situation réduit les possibilités d’expression de l’opposition au sein de l’institution parlementaire.

Face à ces difficultés, les partis d’opposition cherchent à obtenir des garanties pour la suite du processus électoral. Leur demande de dialogue porte donc autant sur les règles du scrutin que sur les conditions dans lesquelles les différentes formations pourront y participer.

Le dialogue politique au centre des discussions

Pour le pouvoir, les procédures judiciaires doivent suivre leur cours, tandis que la réforme électorale doit permettre de préparer les prochaines consultations. L’opposition, de son côté, estime qu’une concertation est indispensable pour éviter de nouvelles contestations.

La question du futur organe électoral reste ainsi au cœur des discussions. Les propositions formulées par les partis d’opposition et la réponse du gouvernement détermineront la suite des échanges sur cette réforme.

À un an de la présidentielle de 2025, la Côte d’Ivoire reste confrontée à la difficulté de rapprocher les positions des différents acteurs politiques. L’enjeu est de parvenir à un cadre électoral accepté par les principales forces politiques, tout en permettant à la justice de traiter les dossiers liés aux violences électorales.

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